S’il est un sujet qui a fait couler, et fait encore couler beaucoup d’encre depuis dix ans,
c’est bien le stress, ou plutôt l’excès de stress. "Le stress, c'est la vie", comme le dit
le Dr Bensabat dans l'ouvrage portant ce titre. En effet, le stress fait partie intégrante de
notre vie, comme réaction d’adaptation de notre organisme aux contraintes extérieures et à un
environnement changeant.
La pensée commune veut que le stress soit apparu dans les années 80, des changements trop
brusques de nos modes de vie. Depuis, le stress est devenu l’ennemi n°1. Le terme lui-même,
devenu un usuel du langage médical et populaire, est indéfectiblement lié à une connotation
péjorative. Dès lors, on attribut au stress la lourde responsabilité de grand nombre de maux
tant physiques, physiologiques que sociaux. On ira même jusqu’à parler du « mal du siècle ».
Et pourtant, le stress existe depuis la nuit des temps. Et tout ce que nous savons aujourd’hui
sur le sujet, nous le devons à un physiologiste canadien, Hans Selye, qui le premier a, dans les
années 30, décrit le phénomène. Soumis à une agression brusque (froid, bruit, choc émotionnel, exigences
de la vie professionnelle ou tout situation perçue comme désagréable ou nuisible) venant troubler notre
équilibre physique ou psychologique, l’organisme met en place des mécanismes adaptatifs dépendant
d’hormones. Sécrétées en abondance, elles génèrent une cascade de réactions physiques : accélération
du rythme cardiaque, pâleur, sudation, nausées,… dont l’intensité sera d’autant plus sévère que la peur
ou l’émotion du sujet seront importantes. L’ensemble de ces signes constitue ce que l’on appelle le
« syndrome général d’adaptation » ou stress, un mot ambigu puisqu’il désigne à la fois la cause de
l’agression et son effet mais en aucune cas mauvais. Sans le stress la vie ne serait pas et être
stressé ne signifie pas seulement être ‘nocivement’ stressé.
Toutefois, force est de constater que le stress n’est pas devenu sans raison au centre des préoccupations.
Médecins, instances, centres d’études, etc. s’accordent pour considérer aujourd’hui le stress comme un
phénomène préoccupant, notamment en raison de la pression constante qui pèse sur nos épaules, que ce
soit dans le travail ou la vie personnelle. Nous n’avons pas le droit à l’échec. Pour cela, nous
transgressons chaque jour nos limites sans accorder le moindre temps d’adaptation. Très rapidement,
la pression peut atteindre une telle intensité et récurrence que du simple stress ponctuel, nous
passons au stress chronique, subi et entraînant maladie ou accident. Dans ce dernier cas, il est
important de savoir déterminer les causes du problème, d’en évaluer l’importance. Cette réflexion
doit nous amener à réagir, c’est-à-dire calmer le jeu.
Si le stress est souvent dû à un excès de stimulation (bruit, conflits, pression professionnelle,
changements brutaux…), le manque (solitude, absence de motivation, …) en est également une cause.
Mais, quelque soit la cause du stress, ses manifestations générales restent identiques : fatigue,
anxiété, irritabilité, nervosité, troubles du sommeil, difficulté à se concentrer et résoudre des
problèmes simples, maux de têtes, contractures musculaires, manifestations psychosomatiques, diminution
de la résistance aux infections, etc., etc. La liste des symptômes est très longue et varie d’un individu
à l’autre.
Véritables signaux d’alerte, ils ne doivent en aucun cas être pris à la légère. Dès l’apparition des
premiers symptômes, une prise de conscience s’impose. Pris à temps, vous éviterez l’installation de
l’état de stress ainsi que de tous les problèmes en découlant, dont notamment les infections à répétition
et la dépression.
Le stress semble une véritable fatalité, impossible à surmonter. Pourtant, il est tout à fait
possible de le gérer et d’en faire un véritable atout. Simple question de temps, d’organisation.
Apprenez à organiser votre détente. Relaxez-vous, faites-vous plaisir, apprenez à dire ‘non’,
laissez-vous masser pas votre ami(e) ou un professionnel, déstressez physiquement et intégrez
une activité physique dans votre vie de tous les jours. Vous pouvez également abuser des bienfaits
des plantes (aromathérapie, phytothérapie, huiles essentielles, tisanes, …).
N’oubliez pas que le stress peut être bon, stimulant (l’eustress) ou mauvais (celui qui épuise
notre résistance). L’idéal n’est qu’une question de dosage. Alors, laissez parler votre corps,
écoutez le et ensemble, vous pourrez dompter ce mal-être.